dimanche 7 septembre 2008

La grande librairie

Nouvelle émission littéraire sur France 5, « La grande librairie » succède au regretté « Bateau Livre » de Frédéric Ferney. Présentée par le directeur du magasine Lire, François Busnel, l’émission mêle reportages, interviews d’écrivains en direct, palmarès des ventes de la semaine, coup de cœur d’un libraire, dessins humoristiques croqués en direct. Pour cette première, le casting offre un bon compromis entre les stars connues du grand public (Amélie Nothomb) les auteurs reconnus (Régis Jauffret, Philippe Ségur) et le primo-romancier prometteur (Jean-Baptiste Del Amo).

La conversation de bon niveau porte sur le style et la création littéraire. Cette première émission offre un moment d’anthologie avec la brillante Amélie Nothomb parlant avec clarté et sens de la répartie de l’écriture comme d’un moyen de faire la connaissance du « salaud inconnu » que nous portons tous en nous. Régis Jauffret s’exprime avec justesse sur les rapports entre la vie et la fiction. Dommage que le discours de l’écrivain l’emporte sur son écriture, on aurait aimé entendre davantage d’extraits des livres présentés.

Autre regret, « la grande librairie » cède à la mode des palmarès qui tend à réduire un livre au nombre d’exemplaire vendus. Malgré un décor sinistre, pas très cosy et qui évoque davantage un cinéma qu’une bibliothèque, malgré le défilé de SMS sans intérêt qui perturbe l’attention du téléspectateur et même si François Busnuel n’a pas l’élégance et la subtilité de Frédéric Ferney, « La grande librairie » a le mérite de donner la parole aux auteurs en évitant les numéros de cirque. Espérons que l’émission tienne la route avec des auteurs moins télégéniques qu’Amélie Nothomb.


« La grande librairie », France 5, jeudi à 20 h 40 (rediffusion le samedi à 13 h 30).

1 commentaire:

Blandine L. a dit…

Bonsoir et merci de votre passage sur mon blog - concernant l'émission, j'avoue ne pas l'avoir regardée, et je n'en éprouve aucun regret :-) Parler des livres en prime time est certes louable, mais "si le discours de l’écrivain l’emporte sur son écriture", comme vous le dites, cela ne m'intéresse que très moyennement (on est encore une fois dans une approche "spectacle"). De même, je retiens que l'émission "cède à la mode des palmarès qui tend à réduire un livre au nombre d’exemplaire vendus" - alors qu'on sait que ce n'est pas forcément un critère de qualité. Bref, merci pour ce compte-rendu éclairant !
Blandine